Le beignet de carnaval alsacien est une pâte levée frite, roulée dans le sucre et la cannelle, que l’on prépare au moment de Mardi gras. Voici sa recette de base, les écarts entre quatre versions, la friture sans accident et les beignets voisins que l’on croise sur les tables alsaciennes.
D’où vient le beignet de carnaval alsacien ?
Le nom alsacien se compose de deux mots : Fàsnàcht pour carnaval, Kiechle pour galettes ou beignets. Il se prononce à peu près « faus-naurt-skichle », mais on dit aussi simplement beignets de carnaval. Chaque famille a sa variante, ce qui explique les orthographes multiples : Fasnachtkiechle, Fasenachtskiechle ou Fàsnàchtskiechle. Ces beignets se préparent pour le carnaval, dont le point d’orgue est Mardi gras : le 9 février en 2027, veille du mercredi des Cendres.
En Alsace, Mardi gras ne se limite pas à un seul beignet : on prépare aussi les Schenkele, les Apfelkiechle (beignets aux pommes) et d’autres fritures. La cuisine alsacienne les range tous parmi les gourmandises du carnaval.

Quatre pâtes pour un même beignet
Les recettes alsaciennes diffèrent surtout par le temps de pousse et la richesse de la pâte. La version rapide demande une seule pousse de 30 à 45 minutes ; la version brioche en réclame deux, pour un beignet plus moelleux ; la version au yaourt part d’un levain ; et le Késala se fait à la levure chimique, avec un simple repos de la pâte.
| Version | Farine | Matière grasse et œufs | Levée | Pièces |
|---|---|---|---|---|
| Rapide, 1 pousse | 500 g | 100 g de beurre, 1 œuf | 30 à 45 min | 20 à 35 |
| Brioche, 2 pousses | 1 kg | 180 g de beurre, 5 œufs | 2 h puis 45 min | environ 25 |
| Levain et yaourt | 500 g | 40 g de beurre, 1 œuf, 120 g de yaourt grec | 1 h 30 à 2 h | 12 |
| Késala, levure chimique | 400 g | 3 œufs, 20 cl de crème épaisse | repos de 2 à 3 h, sans pousse | selon la taille |
La version rapide convient aux envies soudaines. Celle au yaourt donne un beignet dense, apprécié de ceux qui aiment goûter la pâte. Le Késala se prépare sans levure fraîche : la levure chimique remplace la pousse, mais la pâte se repose quand même quelques heures.
La recette de base, pour une vingtaine de beignets
Cette recette suit la version rapide. Elle demande 20 minutes de préparation, 30 à 45 minutes de repos et 5 à 6 minutes de cuisson, et donne une vingtaine de pièces (davantage si vous découpez petit).
Les ingrédients
- 20 cl de lait tiède et 20 g de levure fraîche, soit un demi-cube de 42 g ;
- 500 g de farine, 1 cuillère à café de sel et 40 g de sucre semoule ;
- 1 œuf et 100 g de beurre ramolli, jamais fondu ;
- 1 cuillère à soupe de kirsch, facultative ;
- 1 litre d’huile de friture ;
- sucre et cannelle, ou sucre glace, pour la finition.
Les étapes
- Délayez la levure dans le lait tiède, sans dépasser 37 °C.
- Creusez une fontaine dans la farine, ajoutez le sel, le sucre, l’œuf, le kirsch, le lait et le beurre, puis pétrissez quelques minutes. Si la pâte colle, ajoutez un peu de farine.
- Abaissez à environ 5 mm et découpez des cercles de 6 cm de diamètre.
- Posez les ronds sur du papier sulfurisé et laissez-les lever 30 à 45 minutes près d’une source de chaleur, ou dans un four à 35 °C.
- Faites frire, retournez à mi-cuisson, égouttez sur du papier absorbant, puis roulez dans le sucre.
Comment réussir la friture ?
L’huile doit se tenir entre 170 et 180 °C. Sans thermomètre, plongez un bout de pâte : il doit remonter vite en crépitant sans noircir. Comptez 2 à 3 minutes par face, jusqu’à une belle couleur dorée assez soutenue.
La température change tout. Une huile trop chaude fonce l’extérieur et laisse le centre cru ; une huile trop froide donne un beignet gras et détrempé. Vérifiez-la avant chaque fournée et plongez deux à trois beignets à la fois, pas plus, pour ne pas la refroidir.

Les beignets foncent vite à cause du sucre de la pâte : un beignet qui brunit très vite peut rester cru au centre. Coupez-en un pour contrôler, car ils ramollissent en refroidissant.
Sucre et cannelle, sucre glace ou fourrage ?
La finition classique mêle environ 70 g de sucre et une demi-cuillère à café de cannelle, dans lequel on roule les beignets encore un peu gras, pour que le sucre accroche. Certains préfèrent le sucre glace, plus discret.
On peut aussi fourrer les beignets à la poche à douille de confiture, de crème pâtissière ou de pâte à tartiner.
Les cousins du beignet de carnaval
La table de carnaval alsacienne compte d’autres fritures, chacune avec sa pâte.
| Beignet | Particularité | Cuisson |
|---|---|---|
| Schenkele ou Schankala | Forme oblongue, « petite cuisse », poudre d’amandes ou de noisettes et kirsch | Frit, roulé dans le sucre et la cannelle |
| Hizrhernle | Sorte de biscuit sablé cuit en friture | Friture |
| Leffelkiechle | Beignet à la cuillère | Friture |
| Apfelkiechle | Beignet aux pommes | Friture |
Si vous aimez les douceurs de la région, le bredele aux noix et la tarte aux quetsches prolongent la table sucrée.
Conserver et congeler les beignets
Les beignets sont meilleurs le jour même, et se gardent 2 jours dans une boîte hermétique. Pour les congeler crus, faites-les lever, laissez-les durcir sur une plaque, puis conservez-les 2 semaines ; décongelez-les 5 heures avant de les frire. Cuits sans sucre, ils tiennent jusqu’à 2 mois, à rouler dans le sucre après décongélation.
La pâte peut passer la nuit couverte au réfrigérateur, ce qui permet de frire les beignets frais le lendemain matin. C’est une douceur de fête, à garder pour le carnaval.
Quoi servir avec les beignets de carnaval ?
Ils se mangent nature, avec de la confiture ou une pâte à tartiner. Pour un repas de fête, ils concluent bien un menu alsacien salé, et un gewurztraminer vendanges tardives accompagne leur sucre. Après une choucroute copieuse, on leur préférera un dessert plus léger.
Questions fréquentes
Comment dit-on beignet de carnaval en alsacien ?
On dit Fàsnàchtskiechle, parfois écrit Fasenachtskiechle ou Fasnachtkiechle : Fàsnàcht signifie carnaval et Kiechle galettes ou beignets. Les Schenkele en sont des cousins à base de poudre d’amandes.
À quelle température faire frire les beignets ?
Entre 170 et 180 °C, pendant 2 à 3 minutes par face. Sans thermomètre, un bout de pâte doit remonter en crépitant. Vérifiez l’huile avant chaque fournée.
Faut-il deux levées pour des beignets alsaciens ?
Non. La version rapide demande une seule pousse de 30 à 45 minutes, la version brioche en demande deux. Le Késala, à la levure chimique, se passe de pousse.
Peut-on les préparer à l’avance ?
Oui. La pâte peut passer la nuit au réfrigérateur, ou les beignets se congèlent crus 2 semaines, ou cuits sans sucre jusqu’à 2 mois. Cuits, ils se gardent 2 jours en boîte hermétique.
Quelle huile pour la friture ?
Il faut une huile de friture neutre, comme l’huile d’arachide, en quantité suffisante pour plonger les beignets, soit environ 1 litre pour une vingtaine de pièces.
Choisissez la version qui correspond à votre temps libre, rapide, brioche ou Késala, et pesez vos ingrédients avant de commencer. Préparez le sucre et la cannelle ainsi qu’une assiette de papier absorbant avant d’allumer le feu. Faites un beignet d’essai pour régler la température, puis enchaînez les fournées.
Wikipédia, Schankala, relevé le 3 novembre 2026. Magazine indépendant, sans affiliation. Les quantités et les durées proviennent de recettes alsaciennes courantes et restent indicatives.


